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“ 800 km en 35 jours ”

<P>“ A mon départ, ma charrette pesait 215 kg, précise Louis-Philippe. Je ne parcourais que 3 km par jour. ” </P>

“ A mon départ, ma charrette pesait 215 kg, précise Louis-Philippe. Je ne parcourais que 3 km par jour. ”

n.c.

ENTRETIEN: Louis-Philippe Loncke 31 ans, originaire de mouscron, aventurier À PROPOS DE sa traversée du désert Louis-Philippe Loncke est un véritable aventurier. Passionné par les parcours extrêmes, cet ingénieur en informatique de 31 ans a récemment parcouru le désert de Simpson, situé en Australie. Il nous raconte sa traversée de 35 jours.

D’où vous vient cette passion pour les parcours tels que celui-ci ?

Après un premier voyage en Australie, effectué il y a 4 ans, j’ai été amené à rencontrer des personnes qui m’ont donné le goût de l’aventure, m’ont convaincu de l’intérêt de ce genre de “ voyages ”. Je participe également de manière régulière au festival international du film d’aventures de Dijon où je peux établir et entretenir des contacts avec de nombreux aventuriers de divers horizons. C’est un milieu qui me plaît énormément.

On imagine que de tels voyages demandent une certaine préparation...

A vrai dire, je ne pratique aucun sport durant l’année. Je n’ai pas effectué de visite médicale avant mon départ et l’Australie ne demande pas de vaccins spécifiques. Cela dit, j’ai expressément pris quelques kilos avant mon départ. Pour cela, j’ai mangé du beurre à la cuillère deux semaines avant mon départ. Ce régime m’a permis de prendre 4 kg. Lors de ma traversée, je buvais également de l’huile d’olive, qui constitue une réserve de graisse efficace. Néanmoins, à la fin de ma traversée, j’avais perdu 8 kilos.

Quelle distance avez-vous parcouru ?

J’ai parcouru une distance de 600 km à vol d’oiseau. Ce qui équivaut à environ 800 km à pied.

Avez-vous souffert des conditions climatiques ?

J’ai effectué ma traversée durant la saison hivernale pour l’Australie. Néanmoins, la température est montée jusqu’à 35 degrés. Les nuits étaient par contre bien plus fraîches. Je me suis parfois réveillé sous - 4 oC. Lors de ma traversée, le vent était également de la partie. J’avais souvent le vent de face mais au final, cet élément a été une aide car il m’apportait de la fraîcheur durant mes longs parcours. Il n’y a heureusement pas eu de pluie. Dans le cas contraire, mon parcours aurait inévitablement pris fin. Car il est impossible d’évoluer dans du sable détrempé.

Quel était votre rythme de progression ?

Je marchais 12 à 14h par jour. Le début de mon voyage était épouvantable car ma charrette de provisions et d’équipements pesait pas moins de 215 kg. Un harnais me rattachait à celle-ci et je devais parfois me servir de l’entièreté de mon corps pour la déplacer. Avec un tel poids, je ne parcourais que 3 km par jour. Progresser sur du sable avec une telle charge était vraiment infernal. Mais une semaine avant la fin de mon périple, j’ai parcouru la distance record de 32 km au cours d’une journée de marche.

En quoi consistait votre équipement ?

Celui-ci était très limité. Je disposais d’environs 30 kg de nourriture et de 140 litres d’eau. Au départ, j’utilisais 4 litres d’eau par jour pour me désaltérer. Ma consommation quotidienne est ensuite passée à 2,5 litres car l’organisme s’habitue aux conditions difficiles. En 35 jours, je n’ai pas utilisé la moindre goutte pour me laver. Ma nourriture quotidienne était constituée de céréales et d’eau ainsi que de plats lyophilisés. En ce qui concerne mon équipement, je disposais d’un téléphone satellite que je rechargeais à l’aide de panneaux solaires. Je disposais également d’un GPS car, dans le désert, il n’existe aucun repère distinct pour se situer. Je passais la nuit dans une tente et j’étais armé d’un couteau et d’une sarbacane.

Avez-vous fait de mauvaises rencontres ?

Je n’ai rencontré aucun serpent… mais de nombreux vautours ont volé au-dessus de ma tête, attendant certainement que je m’effondre au sol (rires). J’ai rencontré un dingo, une espèce de chien sauvage, avec lequel je n’ai eu aucun problème. Mais je me suis fait charger par une meute de 14 dromadaires. Après m’être fait mordre, j’ai pris la fuite avant que la situation ne dégénère. Ils m’ont littéralement poursuivi sur une distance de 200 mètres. Le dromadaire est un animal que je n’imaginais pas agressif… Ce voyage m’a prouvé le contraire.

Que retirez-vous de cette expérience ?

Un contact avec une nature sauvage qui est pour moi une prise de conscience du gaspillage incroyable qui a lieu chaque jour. J’ai survécu avec 140 litres d’eau durant 5 semaines. Or la consommation moyenne quotidienne d’eau s’élève, en Belgique, à 150 litres d’eau par individu. Je crois sincèrement qu’en faisant un peu d’effort, chacun pourrait facilement réduire sa consommation quotidienne de 50 litres. Ce genre d’expérience permet de s’apercevoir que nous vivons plus que jamais dans une société de surconsommation.

“ A mon départ, ma charrette pesait 215 kg, précise Louis-Philippe. Je ne parcourais que 3 km par jour. ”

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