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“ Saint Georges à Mons a été la révélation ”

<P>Pas peu fier de présenter son travail de près de 500 pages où il est aussi question du folklore montois.<CREDIT> </CREDIT> </P>

Pas peu fier de présenter son travail de près de 500 pages où il est aussi question du folklore montois.

n.c.

ENTRETIEN: Richard Miller Sénateur de communauté, conseiller communal à Mons À PROPOS DE Sa thèse

La thèse de Richard Miller aborde l’imaginaire, mais aussi le combat du bien et la vengeance possible illustrés par la mythologie de saint Georges et le cinéma de Quentin Tarantino. Tout un programme!

Comment s’est déroulée la défense de votre thèse? Devant qui avez-vous pris la parole?

L’épreuve publique s’est déroulée vendredi après-midi à l’ULB face à un jury composé de cinq professeurs d’université et devant un parterre d’académiciens, dont Hervé Hasquin (secrétaire perpétuel de l’académie belge), et de politiques. J’ai été agréablement surpris par la présence de Louis Michel, ministre d’Etat et député européen, et du bourgmestre de Mons Elio Di Rupo qui malgré un agenda très chargé est resté présent durant toute la séance, soit deux heures trente!

Comment se sent-on quand on est face à un tel public?

Franchement je n’ai pas rigolé! Au début j’ai même vraiment stressé, j’ai senti de la sueur sur mon front et j’ai dû reprendre mon souffle... Puis au fil des questions je me suis senti plus à l’aise...

Que représente cette thèse pour vous à titre personnel?

Cette thèse de doctorat que je viens de présenter à 56 ans représente une étape extrêmement importante pour moi. Car quand je suis sorti de l’université, en 1980, je n’avais pas les moyens d’entamer une thèse de doctorat. Puis un moment donné, en 2003, après quelques difficultés politiques, je me suis dit que je n’allais pas terminer ma vie sans cette thèse que j’ai toujours portée en moi. Depuis 1980, je me suis toujours documenté avec cette idée de thèse en tête.

Quelles ont été les réactions de Louis Michel et d’Elio Di Rupo au terme de l’épreuve?

Louis Michel était très ému car nous avons des liens d’amitié depuis 30 ans. Après mes études à l’université j’ai commencé à travailler pour lui. Il savait combien cette thèse était importante pour moi. Quant à Elio Di Rupo, il m’a envoyé un SMS pour me féliciter. Il n’est pas resté insensible, en tant que bourgmestre de Mons, au fait que cette thèse aborde notamment la mythologie de saint Georges...

Justement, quelle était votre thèse au départ?

La thèse qui sous-tend tout mon travail porte sur le fait que la réalité que nous vivons au quotidien est tissée aussi d’imaginaire. On ne voit pas les choses comme elles sont, on les voit toujours selon l’image que l’on s’en fait. Un exemple: une maison, on ne la voit pas comme un ensemble de briques et de ciment, non, on la voit comme une maison où l’on a passé son enfance, sa vie. Elle est du coup chaleureuse, belle, ou au contraire inquiétante. Aux choses que nous regardons, on y ajoute toujours ce que l’on aime, ce que l’on désire, que l’on craint ou dont on se souvient...

Peut-on dire la même chose de l’amour?

Tout à fait. Pour ce qui concerne l’amour et la sexualité, ceci se vérifie tout de suite. Primo, l’être humain est le seul être vivant qui érotise sa sexualité. Ça veut dire que pour nous, êtres humains, la sexualité n’est pas seulement un comportement, on y ajoute des désirs, des émotions, des variations... Ceci montre bien que l’on ne reste pas condamné à la réalité car la sexualité fait travailler l’imagination. Deux: on ne voit jamais le corps de l’autre comme étant un ensemble d’organes et de viscères, ce qu’il est pourtant. On le voit toujours comme étant un corps désirable susceptible de caresses, de plaisirs. Moi mon but dans ma thèse est de montrer que ce processus s’étend à toute notre vie.

Expliquez-nous le titre de votre thèse: “ L’imaginisation (NDLR: mot que vous ne trouverez pas dans un dictionnaire) du réel ”.

Imaginisation est un mot que j’ai inventé. C’est la faculté que nous avons de nous faire une image de la réalité. Nous avons chacune et chacun notre propre image de la vie, de la réalité de ce qui nous environne et de ce qui nous arrive. A la différence de l’animal, l’être humain a le pouvoir de se créer sa propre réalité.

Pourquoi vous êtes-vous intéressé au personnage de saint Georges?

Parce que c’est un bel exemple que les récits imaginaires et légendaires évoluent en fonction de l’évolution de la réalité sociale et historique d’une époque.

Peut-on dire que l’exemple de saint Georges et du combat dit Lumeçon vous a aidé dans votre cheminement pour votre thèse?

Évidemment, ça a été le coup de chance, le déclic. J’avais un bel exemple en main. Mons a été la révélation. Oui j’ai vu dans le combat le fait que toute une population puisse communier dans le cadre d’un folklore local. Cela me prouvait de facto que j’avais raison d’affirmer que notre imaginaire a aussi une énorme influence sur notre vie.

Dans votre travail, il est aussi question du cinéma. Quel rapport avec saint Georges?

Le grand art contemporain du 21è siècle qui s’adresse aussi à toute la population c’est le cinéma. A sa façon, le cinéma, selon ses propres techniques, a repris tous les aspects de la mythologie, des légendes. Mais en plus, il leur donne une puissance incroyable, grâce à l’image. La belle, la bête et le héros qui la sauve, c’est un grand classique du cinéma.

Et pourquoi avez-vous choisi plus particulièrement l’œuvre du cinéaste Quentin Tarantino?

Dans le cinéma de Tarantino, il montre que le fait de pouvoir se venger est toujours une illusion. Il le fait notamment pour ce qui concerne le mal absolu comme l’extermination des juifs dans les camps de concentration.

Pas peu fier de présenter son travail de près de 500 pages où il est aussi question du folklore montois.

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La Meuse, La Nouvelle Gazette, La Province, Nord Eclair,  La Capitale, Sudpresse

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