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Bossi fait rimer couture et ordure
n.c.
Jeudi 4 août 2011
charleroi insolite
Ce designer fait des merveilles avec des fonds de poubelle
Daniele Bossi, un jeune créateur turinois pas comme les autres, s’est embarqué dans l’aventure du film “ Marbie, star de Couillu les-Deux-Églises ”, dont le tournage démarre la semaine prochaine.
Sa démarche n’est déjà pas courante. Bachelier “ fashion designer ” à Turin, puis titulaire d’un master à l’Académie internationale de la Haute couture à Rome, Daniele Bossi a débarqué par hasard chez nous fin 2000, pour venir passer quelques jours chez des amis. Depuis, il n’a plus quitté Charleroi.
Question mode, il a aussi changé son fusil d’épaule: après avoir créé une collection en hommage à Dali et des costumes (primés) pour le carnaval de Venise; après avoir collaboré avec les maisons Thierry Mugler et Paco Rabanne, il s’est reconverti... dans la reconversion de déchets quotidiens.
Son premier coup d’éclat carolo a été un défilé “ Haute ordure - Autre couture ”, en collaboration avec l’ICDI, en 2002. Il y présentait notamment une superbe robe de mariée en sacs poubelle blancs.
Les bouteilles, gobelets, couverts en plastique, les canettes et leurs “goupilles ”, du matériel de signalisation récupéré sur les chantiers... il fait feu de tout bois pour ses robes sculptures. Et c’est le cas de le dire, puisqu’il a même réalisé en 2006 deux robes “ boisées ” pour le salon Bois & Habitat de Namur.
Évidemment, si on songe qu’il a besoin de 600 capsules pour faire une tenue, on imagine que la patience n’est pas la moindre de ses qualités. Mais surtout, il effectue un véritable travail de couturier: Bossi ne bricole pas, il allie le savoir-faire à son imagination débordante.
Après avoir animé des ateliers de quartier pour la fabrication de chars de carnaval, en partenariat avec la Ville de Charleroi et le CPAS, Daniele Bossi continue dans cette voie, cette fois avec le Centre culturel: “ Ce sont également des ateliers sur le thème de la récupération mais plutôt des vieilles fripes, des tissus, tout ce qui permet de refaire un vêtement neuf ou de le remettre au goût du jour, de le customiser. Ça tombe bien, le vintage est très en vogue. ”
Parallèlement, le designer poursuit son travail de création pour diverses marques (Red Bull) et associations (Oxfam), ainsi que pour le théâtre. Il a également reçu une bourse de la Région wallonne “ pour développer un prototype de luminaire à partir de mes robes. Elles deviennent ainsi un objet de décoration qui a son utilité. ”
Et il y a peu, le “ Carolo-turinois ” a rencontré l’équipe du film “ Marbie, star de Couillu-les-Deux-Eglises ”. Dominique Smeets, alias Marbie - par ailleurs scénariste et coréalisatrice - lui a demandé de créer la robe que portera l’héroïne pour une scène du long-métrage, lorsqu’elle se rend à Cannes.
On ne vous en dira pas plus pour l’instant, afin de préserver l’effet de surprise. Mais évidemment, on peut s’attendre à quelque chose de tout à fait original. Du reste, Daniele Bossi jouera son propre rôle dans “ Marbie ”: “Une scène se passe au château de Monceau, où je suis censé présenter une exposition de mes créations. Je vais faire la connaissance de l’héroïne et donc, lui créer une robe. ”
Même s’il travaille un peu partout en Belgique, il reste fidèle à Charleroi: “Disons que je suis surtout fidèle à moi-même. Pour l’instant, je me trouve bien ici mais peut-être qu’un jour, si une opportunité se présente, je partirai. Je me sens plutôt citoyen de l’Europe. Cela dit, je crois avoir particulièrement ma place dans cette ville, aujourd’hui: elle est en plein recyclage, en pleine reconversion, et ça, c’est vraiment mon rayon... ”