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Charleroi: “ Touche pas à mon fief politique ”

n.c.
Mercredi 25 janvier 2012
Les zones d’influences de nos politiciens carolos
Baronnies et chasses gardées sont-elles encore de bonnes armes politiques?
Ce sont les fiefs, les chasses gardées, les prés carrés, appelez-les comme vous voulez, tous sont inévitables dans une carrière politique. Soit qu’ils soient liés à une appartenance géographique, soit à un parcours et à des affinités personnelles et idéologiques. Avec les Ficheroulle, Magnette et Massin, on voit clairement que le pouvoir de la découpe territoriale est en perte de vitesse.
Le goût de la conquête, la soif de posséder et surtout de régner en maître absolu n’a jamais quitté nos hommes politiques. Pour asseoir leur pouvoir, tous et de tout temps ont conquis des fiefs pour entamer leurs avancées territoriales, d’abord, électorales, ensuite.
Dans les deux cas, c’est la terre et donc la découpe géographique avec ses frontières qui déterminent la zone d’influence, le pré carré des uns, et le territoire inaccessible aux autres. C’est suivant cette logique que la politique carolorégienne hérite des fameuses baronnies: ces quinze anciennes communes, toutes flanquées d’un bourgmestre et donc d’un maître incontesté, fusionnées en 1976 pour former le Charleroi d’aujourd’hui.
De cette période, il reste évidemment de fidèles descendants comme l’ont été les Cariat à Marcinelle remplacé désormais par Van Dyck, Liesse à Couillet, Despi à Lodelinsart, Van Gompel à Gilly ou encore De Clercq et désormais Beghin au Château de Monceau. Le fief a donc longtemps été et l’est d’ailleurs encore lié à un critère géographique. Ou, à un moment donné, il faut éliminer son rival pour s’assurer d’avoir une assise. C’est un peu comme Olivier Chastel, même s’il n’a pas dû prendre les armes contre Daniel Ducarme, qui s’est éloigné de lui-même de l’arrondissement de Charleroi-Thuin pour faire carrière à Bruxelles. C’est ce départ qui, finalement, a permis à Chastel de devenir le numéro 1 du MR et d’endosser l’armure du chevalier blanc.
À côté de ces fiefs répondant à un critère géographique, on voit tout une série de prés carrés qui résultent d’un parcours ou d’affinités personnelles et idéologiques.
On sait ainsi qu’il n’y a pas plus actif représentant politique que Gérard Monseux auprès de l’ASBL Les amis de la Madeleine. Dans la même idée, Antoine Tanzilli s’appuie sur les mouvements de jeunesse et en particulier sur les scouts. Xavier Desgain est copain copain avec les cyclistes du GRACQ et Luc Parmentier ratisse même chez les Gilles Récalcitrants.
On remarque par ailleurs, avec Ficheroulle et sa défaite à Couillet, Magnette le parachuté, dépourvu d’ancrage local ou encore Massin, le seigneur des chasses gardées qui s’impose dans une “ section d’adoption ” (Châtelettain d’origine, il habite Montignies mais joue les Gilliciens de choc), que les citadelles fondées sur une localité perdent du terrain.